Installation

Installation infirmier libéral : conditions, zonage et démarches en 2026

Expérience, zonage, Ordre, CPAM, URSSAF, CARPIMKO et aides : les étapes pour s'installer en infirmier libéral en 2026.
Victor Leclerc
Publié le
20/10/2026
•
7
min de lecture

Sommaire

Envie de visiter un cabinet ?

Découvrez nos cabinets
Partagez l'article :

Pour vous installer en infirmier libéral, il faut le diplôme d'État, une expérience de 24 mois en structure de soins, une inscription à l'Ordre et un conventionnement accordé par l'Assurance maladie. Le lieu choisi compte autant que les démarches : dans les zones les plus denses en infirmiers, une installation conventionnée n'est possible qu'à la place d'un infirmier qui part. Voici les étapes, dans l'ordre, avec les règles en vigueur en 2026.

Les étapes de l'installation, dans l'ordre

  1. Vérifier le zonageSur CartoSanté, le site de votre ARS ou le portail d'installation de l'Assurance maladie.
  2. Déclarer votre exercice libéral à l'OrdreAuprès du conseil départemental du lieu d'installation.
  3. Déposer votre dossier à l'Assurance maladieEn ligne sur installation-idel.ameli.fr.
  4. S'inscrire à l'URSSAF et à la CARPIMKOsous 8 joursAprès le début d'activité, pour l'URSSAF.
  5. Choisir votre statutMicro-BNC ou déclaration contrôlée, le plus souvent en entreprise individuelle.
  6. Assurance, compte bancaire et matérielRCP dès le premier soin, compte dédié, logiciel SESAM-Vitale, véhicule.

Les conditions pour devenir infirmière libérale

Pour être conventionné par l'Assurance maladie, vous devez remplir deux conditions.

Le diplôme. Un diplôme d'État infirmier obtenu en France, en Suisse ou dans un État membre de l'Union européenne.

L'expérience. L'une des deux options suivantes, au cours des six années qui précèdent la demande :

  • 24 mois, soit 3 200 heures, dans une structure de soins généraux, sous la responsabilité d'un médecin ou d'un infirmier cadre ;
  • 18 mois (2 400 heures) dans une structure de soins généraux, complétés par 6 mois (800 heures, ou 109 jours) de remplacement d'un infirmier conventionné.

La deuxième option explique pourquoi beaucoup d'infirmières commencent par remplacer. Les conditions et démarches sont détaillées dans notre article sur le remplacement infirmier libéral.

Étape 1 : vérifier le zonage

Le zonage est la première chose à regarder, avant même de chercher un local. Les agences régionales de santé (ARS) classent chaque territoire dans l'une des cinq zones suivantes, selon la densité d'infirmiers. Vous pouvez consulter le classement de votre commune sur CartoSanté, sur le site de votre ARS ou sur le portail d'installation de l'Assurance maladie.

ZoneRègle pour s'installer
Très sous-dotéeInstallation libre, avec des aides financières possibles (voir plus bas)
Sous-dotéeInstallation libre
IntermédiaireInstallation libre ; en périphérie d'une zone sur-dotée, deux tiers de l'activité conventionnée doivent être réalisés dans la zone
Très dotéeMême règle des deux tiers en périphérie d'une zone sur-dotée
Sur-dotéeConventionnement accordé seulement au successeur d'un infirmier qui cesse définitivement son activité dans la zone

En zone sur-dotée, la demande de conventionnement passe par un courrier recommandé avec accusé de réception adressé à la CPAM, avec une attestation de succession. La commission paritaire départementale donne un avis, puis le directeur de la caisse décide.

Le zonage ne suffit pas pour choisir un lieu. Vérifiez aussi la présence de médecins prescripteurs à proximité, le nombre d'infirmiers déjà installés et la demande locale (patients âgés, sorties d'hospitalisation, soins à domicile).

Étape 2 : déclarer votre exercice libéral à l'Ordre

Vous devez être inscrit au tableau de l'Ordre des infirmiers et déclarer votre exercice libéral auprès du conseil départemental du lieu d'installation. L'Assurance maladie précise que cette mise à jour est indispensable avant toute inscription auprès d'elle, même si vous avez déjà un numéro RPPS.

Étape 3 : déposer votre dossier d'installation auprès de l'Assurance maladie

Le dossier se dépose en ligne sur le portail installation-idel.ameli.fr. Il comprend la vérification du zonage, puis la liste des pièces justificatives (diplôme, attestations d'expérience, inscription à l'Ordre, adresse du cabinet). Une fois le dossier validé, vous adhérez à la convention nationale des infirmiers, et la caisse vous remet votre carte de professionnel de santé (CPS) et vos feuilles de soins pré-identifiées.

En cas de question, la caisse du lieu d'installation est votre interlocutrice. Un numéro d'assistance technique existe aussi : le 3608.

Étape 4 : s'inscrire à l'URSSAF et à la CARPIMKO

URSSAF. L'inscription se fait sur urssaf.fr, dans l'espace « Vous êtes praticien et auxiliaire médical », dans les 8 jours qui suivent le début d'activité. Vous recevez un numéro SIRET. En tant qu'infirmier conventionné, une partie de vos cotisations d'assurance maladie est prise en charge par l'Assurance maladie.

CARPIMKO. C'est la caisse de retraite et de prévoyance des infirmiers et des auxiliaires médicaux. Pour 2026, les principaux taux sont les suivants :

CotisationCalcul en 2026
Retraite de base8,73 % jusqu'à 48 060 € de revenus, puis 1,87 % jusqu'à 240 300 €
Retraite complémentaire8,70 % sur une assiette comprise entre 24 030 € et 144 180 €
Invalidité-décèsForfait de 1 022 € par an
Allocations supplémentaires de vieillesse (ASV)Forfait de 224 € à votre charge (la CPAM en finance la plus grande part), plus une part proportionnelle

Au démarrage, une partie des cotisations est calculée sur une base provisionnelle, puis régularisée quand votre revenu réel est connu. Gardez une réserve de trésorerie pour la régularisation.

Étape 5 : choisir votre statut

La plupart des infirmières libérales démarrent en entreprise individuelle. Deux régimes fiscaux sont possibles :

  • le micro-BNC, sous un plafond de recettes annuel : vos revenus sont imposés après un abattement forfaitaire de 34 %, sans comptabilité détaillée ;
  • la déclaration contrôlée, où vous déduisez vos frais réels (véhicule, matériel, loyer, cotisations). Elle est souvent plus avantageuse quand les frais sont élevés, ce qui est fréquent avec les tournées en voiture.

D'autres structures existent pour l'exercice à plusieurs : la SCM pour partager des frais, la SCP ou la SEL pour exercer en commun. Un expert-comptable ou une association de gestion agréée vous aidera à choisir.

Étape 6 : assurance, compte bancaire et matériel

  • Responsabilité civile professionnelle : obligatoire dès le premier soin.
  • Compte bancaire dédié à l'activité, pour séparer recettes et dépenses.
  • Logiciel de facturation compatible avec la télétransmission SESAM-Vitale et lecteur de carte.
  • Véhicule fiable, puisque l'essentiel de l'activité se fait à domicile, et une trousse de soins complète.

Formez-vous aussi à la nomenclature des actes (NGAP) : les erreurs de cotation peuvent conduire la CPAM à réclamer des indus. Certaines caisses proposent un accompagnement à l'installation, et l'avenant 11 prévoit de renforcer celui des nouveaux installés.

Les aides à l'installation en zone très sous-dotée

Trois contrats tripartites (infirmier, CPAM et ARS) sont proposés dans les zones très sous-dotées :

ContratPour quiMontantEngagement
Capii
aide à la première installation
Infirmiers qui demandent leur conventionnement pour la première fois37 500 € sur 5 ansExercer au moins 5 ans dans la zone
CAII
aide à l'installation
Infirmiers conventionnés qui s'installent dans la zone27 500 € sur 5 ansExercer au moins 5 ans dans la zone
Cami
aide au maintien
Infirmiers déjà installés dans la zone3 000 € par an sur 3 ans, renouvelableExercer au moins 3 ans dans la zone

À ces montants s'ajoutent 150 € par mois pendant le stage si vous accueillez un étudiant infirmier. Les contrats demandent notamment de réaliser au moins 50 % de votre activité conventionnée dans la zone et d'exercer en groupe, en maison de santé, en équipe de soins primaires ou au sein d'une CPTS. Vérifiez les conditions à jour auprès de votre CPAM et de votre ARS.

Ce que change l'avenant 11 en 2026 et 2027

L'avenant 11 à la convention infirmière, signé le 31 mars 2026 et publié au Journal officiel le 6 mai 2026, revalorise la lettre clé AMI de 20 centimes à partir de novembre 2026, puis de 10 centimes en 2027. Il encadre aussi le recours aux remplaçants : à partir de 2028, leur activité sera plafonnée à 40 % de celle de l'infirmier remplacé, avec des exceptions. À prendre en compte si vous comptez vous faire remplacer régulièrement une fois installé.

Faut-il un cabinet ?

L'activité d'une infirmière libérale se fait surtout à domicile, mais un cabinet garde plusieurs usages : recevoir les patients qui se déplacent pour une prise de sang, un pansement ou une injection, stocker le matériel, faire sa facturation et être identifiée dans son quartier. Le cabinet peut être individuel, partagé avec d'autres infirmiers, ou situé dans une maison de santé ou un centre pluriprofessionnel.

Si vous démarrez, un cabinet à temps partiel limite les frais fixes pendant que la patientèle se construit. Chez Via Sana, une journée par semaine dans un cabinet équipé coûte à partir de 340 € par mois à Paris (prix médian 399 €), 263 € en Île-de-France, 244 € à Lille, 228 € à Lyon, 223 € à Bordeaux et 216 € à Marseille. Des créneaux à l'heure sont disponibles dès 12 €. Les prix sont TTC, ménage, maintenance et internet compris, sans bail commercial.

Lucile Piau, ostéopathe, a ouvert son premier cabinet dans un centre Via Sana :

« J'ai ouvert mon premier cabinet au sein d'un centre Via Sana. J'avais à cœur d'intégrer un centre pluridisciplinaire où règne le partage et la bonne ambiance. »
Lucile Piau, ostéopathe

Pour comparer les autres professions et les options d'installation, consultez notre guide de l'installation en libéral.

Découvrir les cabinets à la journée près de chez vous

Sources (consultées le 20 octobre 2026) : ameli.fr, « Installation : le conventionnement et les aides » (infirmier) ; portail installation-idel.ameli.fr ; ameli.fr, « Remplacement d'un confrère : conditions et démarches » (23 juin 2026) ; ameli.fr, « Convention des infirmiers libéraux : un avenant structurant » (1er avril 2026) ; arrêté du 5 mai 2026 portant approbation de l'avenant n° 11 (JO du 6 mai 2026) ; Infirmiers.com, « Installation en libéral : comment bien se lancer ? » (19 juin 2026) ; OptiBNC, « CARPIMKO 2026 : cotisations » ; trouvermoncabinet.com, « Coworking médical : prix, avantages et acteurs en 2026 » (15 octobre 2026). Témoignage : Lucile Piau, ostéopathe installée chez Via Sana.

Cet article donne des informations générales. Il ne remplace pas l'avis de votre CPAM, de votre ARS, de l'Ordre des infirmiers ou d'un expert-comptable.

Vos questions fréquentes

Combien d'années d'expérience faut-il pour s'installer en libéral ?

24 mois, soit 3 200 heures, en structure de soins au cours des six dernières années. Vous pouvez aussi cumuler 18 mois en structure et 6 mois de remplacement d'un infirmier conventionné.

Peut-on s'installer partout ?

Non. En zone sur-dotée, le conventionnement n'est accordé qu'au successeur d'un infirmier qui cesse définitivement son activité dans la zone. Dans les autres zones, l'installation est libre, avec parfois une obligation de réaliser deux tiers de l'activité dans la zone.

Quelles aides pour une première installation ?

En zone très sous-dotée, le contrat d'aide à la première installation (Capii) verse 37 500 € sur 5 ans, en contrepartie d'un exercice d'au moins 5 ans dans la zone.

Quand faut-il s'inscrire à l'URSSAF ?

Dans les 8 jours qui suivent le début de votre activité libérale, sur urssaf.fr, dans l'espace des praticiens et auxiliaires médicaux.

Quel statut choisir pour démarrer ?

L'entreprise individuelle est la plus courante, au micro-BNC ou en déclaration contrôlée. La déclaration contrôlée permet de déduire les frais réels, souvent élevés pour une infirmière qui fait des tournées en voiture.

EXERCER EN LIBÉRAL

Des espaces conçus pour la pratique, sans les contraintes

Cabinets équipés, ménage, internet et outils numériques inclus.
Vous ne payez que les créneaux que vous réservez.

RÉSERVER UNE VISITE