Plusieurs praticiens peuvent partager un même lieu, à condition que chacun reste identifiable et que le secret professionnel soit protégé. Médecins, kinésithérapeutes, infirmiers et sages-femmes ont chacun un article de leur code de déontologie sur la plaque : deux plaques au plus et des mentions limitées, présentées avec discrétion. Une salle d'attente commune est possible entre professionnels de santé. Le partage avec des praticiens du bien-être est plus délicat, surtout pour les médecins. Les psychologues, eux, n'ont pas d'Ordre et leur code de déontologie n'a pas de valeur réglementaire.
Que peut-on écrire sur sa plaque professionnelle ?
Les textes des Ordres se ressemblent beaucoup depuis la réforme de la communication des professionnels de santé, fin 2020. Chaque praticien peut indiquer son nom et ses prénoms, son numéro de téléphone, ses jours et heures de consultation et sa situation vis-à-vis de l'Assurance maladie. Il peut y ajouter les titres et diplômes reconnus par le conseil national de son Ordre. Ces indications doivent être « présentées avec discrétion ».
Médecins. Le décret n° 2026-691 du 27 juillet 2026 a renuméroté le code de déontologie médicale : l'ancien article R.4127-81 est devenu le R.4127-92. Le médecin peut y faire figurer la spécialité au titre de laquelle il est inscrit au tableau, ou la qualification qui lui a été reconnue. L'arrêté du 30 mai 2018 oblige, à l'installation ou au renouvellement de la plaque, à indiquer la situation vis-à-vis de l'Assurance maladie et le secteur conventionnel. Pour la taille, l'Ordre des médecins écrit que le format de 30 x 25 cm est « traditionnellement recommandé ».
Kinésithérapeutes. L'article R.4321-125 reprend les mêmes mentions et y ajoute les spécificités d'exercice reconnues par le conseil national. Les recommandations de l'Ordre fixent une dimension maximale de 30 x 40 cm par professionnel. Plusieurs kinés peuvent figurer sur une plaque unique, de taille adaptée.
Infirmiers. L'article R.4312-70 suit le même modèle et autorise en plus une signalétique propre à la profession, définie par l'Ordre. Le code commenté de l'Ordre des infirmiers précise que le texte ne fixe plus de dimensions maximales.
Sages-femmes. Dans l'édition de janvier 2026 du code de déontologie, la plaque relève de l'article R.4127-354. La sage-femme y indique le titre de formation qui lui permet d'exercer. Les recommandations de l'Ordre de 2021 ajoutent l'adresse du site internet professionnel et les activités spécifiques pratiquées. Elles retiennent, « selon les règles d'usage », une plaque de 25 x 30 cm au plus.
Psychologues. Il n'existe pas d'Ordre des psychologues. Le code de déontologie actualisé en 2021 a été signé par 21 organisations, mais il n'a pas de valeur réglementaire et ne dit rien des plaques. Restez sobre et n'affichez que le titre de psychologue et les diplômes que vous détenez. Pour les autres étapes, voir notre guide sur l'installation d'un psychologue en libéral.
Les règles par profession, en un tableau
| Profession | Texte sur la plaque | Taille indiquée | Confrère dans le même immeuble |
|---|---|---|---|
| Médecin | Article R.4127-92 du CSP (ex-R.4127-81) | 30 x 25 cm, recommandation traditionnelle de l'Ordre | Accord du confrère de même discipline ou autorisation du conseil départemental (R.4127-90) |
| Kinésithérapeute | Article R.4321-125 du CSP | 30 x 40 cm au plus par professionnel | Accord du confrère ou autorisation du conseil départemental (R.4321-133) |
| Infirmier | Article R.4312-70 du CSP | Aucune dimension fixée | Accord du confrère ou autorisation du conseil départemental (R.4312-68) |
| Sage-femme | Article R.4127-354 du CSP | 25 x 30 cm au plus, selon l'usage | Pas de règle de ce type dans le code (édition 2026) |
| Psychologue | Pas d'Ordre, code de 2021 sans valeur réglementaire | Rien de prévu | Rien de prévu |
Pour les médecins, kinés, infirmiers et sages-femmes, le nombre de plaques est le même : une à l'entrée de l'immeuble, une à la porte du cabinet. Si la disposition des lieux l'impose, une signalisation intermédiaire peut être ajoutée. L'Ordre des médecins précise qu'un fléchage n'est pas une plaque supplémentaire et conseille de demander l'avis du conseil départemental.
Quelle adresse mettre sur sa plaque et ses documents ?
Votre adresse de référence est celle de votre résidence professionnelle, inscrite au tableau de l'Ordre. Pour un médecin, l'article R.4127-85 la définit comme le « lieu habituel d'exercice ». Si vous consultez dans un deuxième lieu, il s'agit d'un site distinct : le médecin adresse une déclaration préalable au conseil départemental au plus tard deux mois avant de commencer. Le conseil ne peut s'y opposer que si la qualité ou la sécurité des soins n'est pas assurée, ou leur continuité.
Mettez à jour votre adresse auprès de l'Ordre avant d'imprimer vos cartes de visite. Les démarches d'inscription sont détaillées dans notre article sur l'inscription à l'Ordre.
Salle d'attente commune : que dit le secret professionnel ?
Aucun des textes consultés n'impose deux salles d'attente séparées entre professionnels de santé. Le code commenté de l'Ordre des infirmiers l'écrit clairement : la salle d'attente d'un cabinet commun « peut être commune aux patients des différents professionnels ». Il y met des conditions. L'accueil et l'hygiène doivent être corrects, le secret garanti. Chacun doit aussi exercer de façon personnelle et indépendante. Une chambre disciplinaire a jugé qu'un local partagé de 10 m² ne permettait pas de les respecter.
Pour les médecins, l'article R.4127-71 exige des « locaux adéquats permettant le respect du secret professionnel ». Le commentaire de l'Ordre demande une isolation phonique et visuelle, surtout quand plusieurs médecins de disciplines différentes se succèdent dans un local partagé. Les dossiers doivent rester personnels, protégés par des accès individuels. Le commentaire de l'article R.4127-72 insiste sur la protection de l'identité et de l'intimité des patients à l'accueil et dans les salles d'attente.
En pratique, vérifiez ces points avant de signer
- L'insonorisation des salles de consultation
- Des armoires fermées à clé pour les documents papier
- Un ordinateur et des identifiants qui vous sont propres
- Une plaque et une signalétique qui permettent au patient de savoir qui il vient voir
Partager un lieu avec des praticiens du bien-être : ce que disent les Ordres
Les Ordres n'y répondent pas tous de la même façon.
Médecins. L'article R.4127-25 interdit de consulter dans des locaux commerciaux. Le commentaire de l'Ordre vise notamment les instituts de beauté. En 2023, le conseil départemental de l'Oise a refusé l'installation de généralistes dans un pôle de santé parce qu'ils auraient exercé aux côtés de sophrologues et d'une psychanalyste, « y compris avec des salles d'attente séparées ». L'avocate du Quotidien du Médecin rappelait en 2022 la position du conseil national : pas de partage de locaux avec une profession aux contours mal définis, pour laquelle la présence d'un médecin servirait de caution. Si votre projet inclut ce type de voisinage, demandez l'avis écrit de votre conseil départemental avant de signer.
Kinésithérapeutes. Le code ne l'interdit pas. Seul le compérage est prohibé (article R.4321-71). L'avis n° 2018-04 du conseil national de l'Ordre, résumé par la MACSF en 2025, liste des précautions. Chacun exerce de façon strictement indépendante, sans laisser croire au public que le voisin a des compétences thérapeutiques. La publicité du non-professionnel de santé ne doit pas faire référence au kiné. Côté secret, l'avis demande des pièces bien insonorisées et proscrit le matériel informatique commun ; les armoires contenant des documents couverts par le secret ferment à clé. La MACSF rappelle aussi que l'Ordre a mis en garde contre le reiki et la kinésiologie.
Infirmiers. Le code commenté vise surtout l'infirmier qui exerce lui-même une activité non réglementée (naturopathie ou sophrologie, par exemple). Il ne peut pas la pratiquer au même endroit que son activité d'infirmier, ni mettre en avant son titre pour cette activité.
Un confrère de la même spécialité dans le même lieu : est-ce un problème ?
C'est une crainte que nous entendons souvent : un praticien hésite à rejoindre un centre parce qu'un confrère de sa spécialité y exerce déjà. La règle existe, mais elle est souple.
Un médecin peut s'installer dans un immeuble où exerce un confrère de même discipline avec l'accord de celui-ci ou, à défaut, avec l'autorisation du conseil départemental (article R.4127-90). Le conseil ne peut refuser que pour un risque de confusion pour le public. Son silence pendant deux mois vaut autorisation. L'Ordre précise que la « même discipline » s'entend des disciplines du règlement de qualification, et non des orientations de chacun. Le Conseil d'État considère qu'exercer la même discipline dans le même immeuble, même avec une seule entrée, ne crée pas à lui seul un risque de confusion.
Les kinés (article R.4321-133) et les infirmiers (article R.4312-68) suivent une règle presque identique, qui vise tout confrère de la profession. Pour les infirmiers, l'Ordre précise qu'il faut d'abord demander l'accord du confrère déjà installé, et seulement ensuite, en cas de refus, l'autorisation du conseil.
Si vous travaillez à plusieurs de façon plus étroite, notre article sur le contrat de collaboration libérale et celui sur la SCM présentent les cadres possibles.
Un cabinet doit-il être accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Oui. Selon l'Ordre des médecins, les locaux des professionnels de santé ouverts aux patients sont des établissements recevant du public (ERP) de 5e catégorie, soumis à la loi du 11 février 2005. Un local neuf doit être accessible. Pour un local existant, des dérogations peuvent être accordées dans quatre cas :
Seule une partie du cabinet peut être mise aux normes. Chaque lieu doit tenir un registre public d'accessibilité, consultable à l'accueil. Si vous êtes locataire, le bail dit qui paie les travaux ; s'il ne prévoit rien, ils reviennent au propriétaire.
Exercer dans un centre pluridisciplinaire chez Via Sana
Les centres Via Sana réunissent des médecins, des paramédicaux, des psychologues et d'autres praticiens, avec des salles insonorisées. Le réseau compte 550 professionnels. Avant de signer, demandez quelles professions exercent dans le centre et quels jours : c'est ce qui vous permettra de vérifier les règles de votre Ordre, notamment si un confrère de votre spécialité y consulte déjà. Pensez aussi à transmettre votre contrat à votre conseil départemental.
Le contrat professionnel permet de rester des années, avec un préavis de trois mois, réductible si Via Sana trouve un remplaçant. Il n'y a pas de frais d'installation et le premier mois est payé au prorata. Une journée par semaine coûte à partir de 340 € par mois à Paris (prix médian 399 €), 263 € en Île-de-France, 244 € à Lille, 228 € à Lyon, 223 € à Bordeaux et 216 € à Marseille, TTC, ménage, maintenance et internet compris. Les autres formules sont comparées dans notre article sur la location de cabinet médical.
Voir les centres et les cabinets disponibles
Sources (consultées le 27 octobre 2026) : Conseil national de l'Ordre des médecins, code de déontologie commenté, articles 25, 71, 72, 81 (devenu 92), 85 et 90 (mise à jour du 20 octobre 2026), et page « L'accessibilité du cabinet médical » (2 mai 2019) ; Doctrine, texte de l'article R4321-125 du code de la santé publique (version du 25 décembre 2020) ; Conseil national de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, « Recommandations relatives à la communication du masseur-kinésithérapeute » (version consolidée du 15 décembre 2022) et circulaire du 3 mars 2023 ; chambre disciplinaire nationale de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, 28 novembre 2024, n° 018-2023 (texte de l'article R.4321-133) ; MACSF, « Partage du cabinet de kinésithérapie avec un non-professionnel de santé : à quelles conditions ? » (24 septembre 2025) ; Ordre national des infirmiers, code de déontologie commenté (1er octobre 2021), articles R4312-68 et R4312-70 ; Conseil national de l'Ordre des sages-femmes, code de déontologie (édition janvier 2026) et recommandations sur la communication (janvier 2021) ; CERéDéPsy, code de déontologie des psychologues (version consolidée au 9 septembre 2021) et bilan d'étape 2021 ; Le Quotidien du Médecin, « Veto de l'Ordre à l'installation d'une généraliste pour cause de cohabitation avec des sophrologues » (22 août 2023) ; trouvermoncabinet.com, « Coworking médical : prix, avantages et acteurs en 2026 » ; centreviasana.com, page d'accueil.
Cet article donne des informations générales. Il ne remplace pas l'avis de votre conseil départemental de l'Ordre ni celui d'un avocat.
Vos questions fréquentes
L'Ordre des médecins indique que le format de 30 x 25 cm est traditionnellement recommandé. Le code demande surtout que les indications soient présentées avec discrétion.
Deux : une à l'entrée de l'immeuble et une à la porte du cabinet. Une signalisation intermédiaire est admise si la disposition des lieux l'impose.
Les recommandations de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes fixent un maximum de 30 x 40 cm par professionnel. Une plaque commune à plusieurs kinés peut être plus grande.
Aucun texte réglementaire ne les fixe, car il n'existe pas d'Ordre des psychologues. Le code de déontologie de 2021 ne traite pas des plaques.
Oui. L'Ordre des infirmiers l'admet expressément, à condition que le secret soit garanti et que chacun exerce en toute indépendance.
Oui pour les médecins de même discipline. La règle est presque identique pour les kinés et les infirmiers. À défaut d'accord, le conseil départemental de l'Ordre peut autoriser l'installation, et son silence pendant deux mois vaut autorisation.



