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Sage-femme libérale : conditions, aides, tarifs et revenus pour s'installer en 2026

Diplôme, Ordre, zonage, aides CAISF, tarifs ameli, cotisations et revenus : le guide 2026 de la sage-femme libérale.
Victor Leclerc
Publié le
27/10/2026
•
10
min de lecture

Sommaire

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Pour devenir sage-femme libérale, il vous faut le diplôme d'État, une inscription au tableau de l'Ordre, une assurance responsabilité civile professionnelle et un rendez-vous avec la caisse d'assurance maladie de votre lieu d'exercice pour adhérer à la convention. Le lieu compte : dans une zone classée « sur-dotée », l'Assurance maladie ne vous conventionne que si une autre sage-femme y a cessé son activité. À l'inverse, une installation en zone sous-dotée ouvre droit à une aide de 34 000 € à 38 000 € sur cinq ans. Côté revenus, la DREES mesure un revenu d'activité moyen de 42 200 € pour les sages-femmes libérales en 2021.

Quelles sont les conditions pour devenir sage-femme libérale ?

Le diplôme. Il faut le diplôme d'État de sage-femme. Depuis la réforme des études, le cursus compte six ans après le bac et mène au diplôme d'État de docteur en maïeutique, après la soutenance d'une thèse d'exercice.

L'inscription à l'Ordre. Toute sage-femme doit être inscrite au tableau du conseil de l'Ordre du département où elle exerce, avant de recevoir sa première patiente. Le dossier part au Conseil national de l'Ordre des sages-femmes, par lettre recommandée. Le conseil départemental a ensuite trois mois pour statuer. Une fois inscrite, vous recevez une attestation avec votre numéro RPPS, et votre carte de professionnel de santé (CPS) vous est envoyée.

La cotisation ordinale 2026 est de 155 €. Elle n'est pas due l'année de votre diplôme si vous êtes diplômée en France et que vous vous inscrivez la même année. Les pièces du dossier et les délais sont détaillés dans notre article sur l'inscription à l'Ordre.

L'Assurance maladie. Munie de l'attestation d'installation délivrée par l'Ordre, vous prenez rendez-vous avec la caisse de votre lieu d'exercice, qui vous indique les pièces à apporter. Le conseiller vous remet la convention nationale des sages-femmes et vous propose d'y adhérer. Il vous inscrit aussi à l'Urssaf ou transmet l'avis d'installation.

La retraite et l'assurance. L'affiliation à la CARCDSF, la caisse de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes, est obligatoire dès que vous exercez en libéral, même à temps partiel et même si vous êtes aussi salariée. Elle prend effet le premier jour du trimestre civil qui suit votre début d'activité. L'assurance responsabilité civile professionnelle est obligatoire elle aussi (article L.1142-2 du code de la santé publique).

Où pouvez-vous vous installer ? Le zonage des sages-femmes

Depuis 2012, le conventionnement d'une sage-femme libérale dépend de la zone où se trouve son cabinet. Chaque agence régionale de santé (ARS) classe son territoire en cinq catégories, selon une méthode nationale fixée par l'arrêté du 26 mars 2024. Ce classement repose sur l'APL, un indicateur qui mesure l'accès aux sages-femmes libérales commune par commune.

ZoneCe que cela change pour vous
Très sous-dotée et sous-dotéeContrats d'aide de l'Assurance maladie (voir plus bas)
IntermédiaireNi restriction ni aide particulière
Très dotéeNi restriction ni aide particulière
Sur-dotéeConventionnement seulement si une sage-femme conventionnée a cessé son activité dans la zone, sauf dérogation

Dans une zone sur-dotée, la caisse examine aussi votre projet, par exemple la reprise d'un cabinet ou l'entrée dans un cabinet de groupe. Des dérogations existent, par exemple pour la mutation professionnelle du conjoint ou un divorce qui impose de changer d'adresse. Elles sont examinées en commission paritaire régionale. Ces règles ne s'appliquent pas à l'ouverture d'un cabinet secondaire par une sage-femme déjà conventionnée dans la zone, ni à une activité quasi exclusive d'échographie.

Pour les sages-femmes, les textes parlent bien de zones « sur-dotées », et non de zones « non prioritaires ». Avant de signer un local, consultez l'arrêté de zonage de votre ARS ou appelez la caisse d'assurance maladie du lieu visé. En Centre-Val de Loire, par exemple, le zonage publié en octobre 2025 place 0,3 % de la population de la région en zone sur-dotée.

Quelles aides à l'installation pour une sage-femme en 2026 ?

L'avenant 7 à la convention, signé le 11 juillet 2023, a revalorisé les contrats d'aide. Ils ne concernent que les zones très sous-dotées et sous-dotées, et ne se cumulent pas entre eux.

ContratPour quiMontant maximal
CAPISF (aide à la première installation)Première demande de conventionnement38 000 € sur 5 ans : 14 500 € par an les deux premières années, puis 3 000 € par an
CAISF (aide à l'installation)Autre installation34 000 € sur 5 ans : 12 500 € les deux premières années, puis 3 000 € par an
CAMSF (aide au maintien)Sage-femme déjà installée dans la zone4 000 € par an, contrat de 3 ans renouvelable

En échange, vous vous engagez à exercer cinq ans dans la zone. Le montant maximal suppose deux jours d'activité libérale par semaine la première année, puis trois jours. En dessous, l'aide est réduite : pour un CAISF, elle tombe à 6 250 € la première année avec un seul jour par semaine. Les collectivités locales proposent parfois leurs propres primes. Notre article sur les aides à l'installation en libéral fait le tour des autres dispositifs.

Quelles sont les compétences d'une sage-femme libérale ?

Une patiente peut consulter une sage-femme en accès direct, qu'elle soit enceinte ou non. L'Ordre liste notamment :

  • la surveillance médicale de la grossesse et le suivi postnatal de la mère et du nouveau-né ;
  • la préparation à la naissance et à la parentalité, dont l'entretien prénatal précoce ;
  • la rééducation périnéo-sphinctérienne ;
  • le suivi gynécologique de prévention et la contraception, y compris la pose et le retrait d'implants et de DIU ;
  • le dépistage et le traitement des IST chez les femmes et leurs partenaires ;
  • la vaccination ;
  • les IVG médicamenteuses et instrumentales.

L'IVG médicamenteuse en cabinet suppose une convention signée avec un établissement de santé, à transmettre à l'ARS pour figurer dans l'annuaire régional. Elle se pratique en général jusqu'à sept semaines de grossesse, soit neuf semaines d'aménorrhée. Vous commandez les médicaments auprès d'une pharmacie d'officine, en mentionnant l'établissement signataire.

La vaccination est large : vous pouvez prescrire et administrer tous les vaccins du calendrier vaccinal aux personnes pour lesquelles ils sont recommandés. Seule exception à la prescription, les vaccins vivants atténués chez les personnes immunodéprimées.

Quels sont les tarifs conventionnels en 2026 ?

Les montants ci-dessous sont ceux publiés par ameli pour la métropole, en vigueur depuis le 1er janvier 2025 et toujours applicables en 2026. Les actes en « SF » se calculent en multipliant leur coefficient par 3,20 €.

ActeCodeTarif
Consultation au cabinetC23 €, plus la majoration MSF de 3,50 €
Visite à domicileV23 €, plus la majoration MSF de 3,50 €
Première consultation de contraception et de prévention (moins de 26 ans)CCP47,50 €
TéléconsultationTCG25 €
Entretien prénatal précoceSF 1548 €
Séance de préparation à la naissance, une patiente ou un coupleSF 1238,40 €
Rééducation périnéaleSF 7,524 €
Forfait sage-femme référenteSFR45 €

À domicile s'ajoutent l'indemnité forfaitaire de déplacement (4 €) ou, pour le postnatal jusqu'à 14 semaines après l'accouchement, la majoration de déplacement de 10 €. La nomenclature complète (NGAP) reste la référence pour les règles de cumul.

Quelles cotisations payer : CARCDSF et Urssaf ?

À la CARCDSF, quatre régimes s'additionnent. Les montants 2026 :

RégimeCotisation 2026
Retraite de base (RBL)8,73 % du revenu jusqu'à un plafond de la Sécurité sociale, plus 1,87 % jusqu'à 240 300 €. Minimum de 573 €
Retraite complémentaireForfait de 3 210,60 €, plus 11,35 % du revenu entre 31 239 € et 240 300 €
Prestations complémentaires de vieillesse (PCV)780 €, dont 260 € à votre charge et 520 € payés par l'Assurance maladie
Invalidité-décès384 €

Les forfaits pèsent lourd au démarrage : plus de 3 800 € par an hors retraite de base. Si votre revenu est inférieur à 31 239 €, vous pouvez demander une réduction du forfait de retraite complémentaire, proportionnelle à votre revenu.

À l'Urssaf, vous payez la CSG-CRDS (9,70 %) et la cotisation maladie, dont l'Assurance maladie prend en charge une partie parce que vous êtes conventionnée. La cotisation d'allocations familiales est nulle sous 52 866 € de revenu. S'ajoutent la contribution aux URPS (0,10 %, plafonnée à 240 €) et la contribution à la formation professionnelle (120 €). Pour chiffrer l'ensemble de vos dépenses de départ, voyez notre article sur le budget d'installation en libéral.

Combien gagne une sage-femme libérale ?

La source officielle la plus récente est la DREES : en 2021, le revenu d'activité moyen des sages-femmes libérales était de 42 200 €. La DREES souligne que la hausse entre 2017 et 2021 a été particulièrement forte pour les sages-femmes. Elle l'explique par des modifications tarifaires, dont la revalorisation de la consultation.

Ce chiffre est une moyenne qui mêle temps plein et activité partielle. Votre revenu dépendra surtout de votre volume d'actes et de vos charges.

Un repère simple pour le loyer : à Paris, une journée de cabinet par semaine coûte à partir de 340 € par mois chez Via Sana. Avec des consultations à 26,50 € (23 € plus la majoration de 3,50 €), il faut un peu moins de 13 consultations par mois pour la couvrir, soit environ trois par journée occupée.

Comment équiper un cabinet de sage-femme ?

L'équipement dépend de votre activité. Pour un cabinet tourné vers le suivi de grossesse et la gynécologie, prévoyez :

  • une table d'examen gynécologique et un éclairage d'examen ;
  • un tensiomètre et une balance ;
  • un doppler fœtal pour écouter le cœur du bébé ;
  • un appareil d'électrostimulation ou de biofeedback avec sondes à usage individuel, si vous faites de la rééducation périnéale ;
  • des tapis et des ballons pour les séances de préparation à la naissance en groupe ;
  • un lecteur de carte Vitale et un logiciel de facturation compatible.

Un échographe représente un investissement à part, réservé aux sages-femmes qui pratiquent l'échographie. Pour le reste du mobilier, notre article sur les équipements d'un cabinet médical donne une liste complète.

Commencer à temps partiel chez Via Sana

Certaines sages-femmes démarrent le libéral en gardant un poste à la maternité ou en PMI. Un bail de six ans pour un local occupé deux jours par semaine pèse alors sur la trésorerie. Louer à la journée limite ce risque : vous payez les créneaux dont vous avez besoin, puis vous ajoutez des journées quand votre patientèle grandit. Nous détaillons cette approche dans notre article sur l'exercice libéral à temps partiel.

Chez Via Sana, une journée par semaine coûte à partir de 340 € par mois à Paris (prix médian 399 €), 263 € en Île-de-France, 244 € à Lille, 228 € à Lyon, 223 € à Bordeaux et 216 € à Marseille, TTC, ménage, maintenance et internet compris. Le contrat professionnel permet de rester des années, avec un préavis de 3 mois. Il n'y a pas de frais d'installation et le premier mois est facturé au prorata. Avant de vous engager, vérifiez avec l'équipe que le cabinet proposé convient à vos actes, notamment pour la table d'examen.

Pensez aussi au zonage : si le centre visé se trouve en zone sur-dotée, votre conventionnement dépendra des règles décrites plus haut. Le guide de l'installation en libéral reprend les autres étapes.

Trouver un cabinet à la journée près de chez vous

Sources (consultées le 27 octobre 2026) : ameli.fr (espace sage-femme), « Processus d'installation : démarches » (12 mars 2024), « Accès au conventionnement : conditions en fonction du lieu d'installation », « Les contrats incitatifs sage-femme » (19 novembre 2025), « Les tarifs conventionnels » (10 avril 2026) et NGAP version du 1er septembre 2026 ; ARS Centre-Val de Loire, « Guide zonage sage-femme » (juin 2026) ; ONSSF, « Avenant 7 #3 » (25 août 2023) ; ARS Auvergne-Rhône-Alpes, « IVG : informations pratiques et outils à destination des professionnels » (17 août 2026) ; Vidal, « Prescription par les sages-femmes » (27 septembre 2023) ; Ordre des sages-femmes, dépliant « Les compétences des sages-femmes » (2025), appel à cotisation 2026 et page « Cotisations » ; Onisep, « Les études de maïeutique » (5 octobre 2026) ; CARCDSF, « Qui doit s'affilier ? » et « Montant des cotisations » ; Weblex, « Tableau des cotisations sociales dues par les sages-femmes, année 2026 » (20 avril 2026) ; DREES, « Le revenu des professionnels de santé libéraux autres que médecin augmente, particulièrement pour les sages-femmes » ; trouvermoncabinet.com, « Coworking médical : prix, avantages et acteurs en 2026 » (15 octobre 2026) ; centreviasana.com.

Cet article donne des informations générales. Il ne remplace pas l'avis de votre ARS, de votre caisse d'assurance maladie, de la CARCDSF, de l'Urssaf ou d'un expert-comptable.

Vos questions fréquentes

Quel diplôme faut-il pour devenir sage-femme libérale ?

Le diplôme d'État de sage-femme, qui s'appelle désormais diplôme d'État de docteur en maïeutique, après six ans d'études. Il faut ensuite s'inscrire à l'Ordre des sages-femmes.

Une sage-femme peut-elle s'installer où elle veut ?

Elle peut ouvrir son cabinet partout, mais en zone « sur-dotée » l'Assurance maladie ne la conventionne que si une autre sage-femme conventionnée a cessé son activité dans la zone, sauf dérogation.

Combien rapporte le CAISF ?

Jusqu'à 34 000 € sur cinq ans, en zone très sous-dotée ou sous-dotée, pour une installation qui n'est pas la première. Une première installation relève du CAPISF, qui va jusqu'à 38 000 €.

Combien coûte une consultation chez une sage-femme libérale ?

23 €, auxquels s'ajoute la majoration MSF de 3,50 €, en métropole. La première consultation de contraception et de prévention pour les moins de 26 ans est à 47,50 €.

Quelle caisse de retraite pour une sage-femme libérale ?

La CARCDSF, obligatoire dès que vous exercez en libéral, même à temps partiel. En 2026, ses cotisations forfaitaires dépassent 3 800 € par an, hors retraite de base.

Combien gagne une sage-femme libérale en moyenne ?

Selon la DREES, le revenu d'activité moyen était de 42 200 € en 2021, en nette hausse depuis 2017 du fait des modifications tarifaires.

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